Brassage Amateur : Les Grands Enjeux

Enthousiaste professeure de littérature, passionnée par la bière, ses ingrédients et sa fabrication artisanale, Paule Gosselin adore par-dessus tout partager son amour des excellents produits brassicoles par le biais de l’écriture. Elle est toujours à l’affût des tendances.

Je me suis entretenue récemment, avec Yan Smith, brasseur à la microbrasserie Le Bien, le Malt de Rimouski. Je l’ai connu il y a plusieurs années, alors qu’il faisait ses premiers pas dans l’univers du brassage amateur. Il est maintenant depuis plus de 6 ans un brasseur professionnel et j’ai pensé que son expérience pourrait vous inspirer.

Q : Bonjour Yan! Quel matériel de départ a-t-on envie d’acheter quand on est un brasseur amateur, et, au final, vers quoi devrait-on se tourner, pour éviter les erreurs de débutant?

Je crois qu’au départ, un équipement de base pas trop coûteux est l’idéal, car il est important de savoir si on va aimer brasser de la bière, à quelle fréquence, etc. Beaucoup de gens vont immédiatement dépenser dans des systèmes assez coûteux pour finalement revendre leur équipement peu de temps après, car ce n’était pas leur tasse de thé. Si après plusieurs brasses, la motivation et la passion demeurent, on peut alors songer à des équipements plus professionnels. 

Au départ, on peut y aller avec seulement un gros chaudron, pour bouillir le moût, une grosse glacière qu’on peut acheter déjà modifiée ou la modifier nous-mêmes pour servir de cuve d’empâtage et finalement un tourie en verre ou chaudière en plastique pour la fermentation. Ensuite, si on embarque vraiment dans le trip, on peut se tourner vers des systèmes plus pros mais quand même beaucoup plus coûteux.

Q : Quels sont les apprentissages techniques véritablement essentiels à tout premier brassage amateur?

Personnellement, je recommanderais à tous ceux qui veulent commencer ce magnifique hobby de lire au complet ou en grande partie du moins, le livre How To Brew de John Palmer. C’est un must selon moi. Aussi beaucoup se documenter sur des forums et/ou pages Facebook de brassage amateur. Sinon, la chose la plus importante selon moi est d’avoir de bonnes pratiques de nettoyage et d’assainissement des équipements. Ça l’air de rien, mais sans ça, on peut rapidement avoir des problèmes de contamination et donc devoir jeter le fruit de nos efforts.

Q : On s’approvisionne où en matières premières, quand on est un brasseur ou une brasseuse amateur?

Idéalement, on regarde s’il y a une boutique spécialisée en brassage amateur dans notre coin/région, de façon à pouvoir se rendre sur place pour acheter nos ingrédients et équipements et ainsi discuter avec les vendeurs et échanger sur le sujet et les produits. Sinon, il y a maintenant une multitude de sites qui vendent une grande variété de produits en ligne et livrent à domicile. En dernier recours, vous pouvez demander à votre microbrasserie locale de vous dépanner, mais j’encourage un peu moins cette option, car souvent ceux-ci maintiennent une quantité de malts/houblons/levures assez précise en fonction de leurs besoins.

Q : Où s’inspire-t-on pour composer nos premières recettes à brasser?

Au départ, le plus facile est évidement d’exécuter des recettes déjà établies qu’on trouve soit sur internet ou encore dans des magazines. Il est très important de goûter les différents malts qu’on utilise et de bien sentir les houblons aussi, même chose pour les levures. Plus on est en contact avec différents ingrédients et plus on apprend à connaître leurs particularités, plus il est facile après de concevoir ses propres recettes par la suite. On se rend compte assez rapidement qu’il n’y a pratiquement pas de limite à ce que l’on peut inventer comme recette.

Q : Quels bons conseils d’embouteillage et d’entreposage pourrais-tu donner à un brasseur ou à une brasseuse amateur?

Pour ce qui est de l’embouteillage, encore une fois, être ultra minutieux sur le nettoyage et l’assainissement des bouteilles, tuyaux, siphons, etc. Le plus grand danger à ce moment-là est aussi l’oxydation, donc on évite d’y aller trop rapidement et on minimise les contacts avec l’oxygène. Connaître les doses de sucre et de levure (au besoin) à rajouter pour la refermentation/carbonatation en bouteille. S’équiper de patience est aussi un élément important afin d’avoir le meilleur résultat final possible, car il est fréquent que cela demande un 2 semaines et plus d’attente. Les bouteilles doivent être à température pièce pour cette étape. Si vous avez la possibilité d’avoir des fûts au lieu de la bouteille, cela simplifie de beaucoup le travail et les risques d’oxydation, ainsi qu’un temps d’attente beaucoup moins long avant que le produit ne soit prêt.

Q : N’hésite pas à mentionner tout bon conseil que tu aurais aimé avoir lors de tes débuts en brassage maison 😊

Au final, d’’être encore et toujours plus sévère sur les procédures de nettoyage et assainissement, de ne pas utiliser l’eau du robinet pour le brassage, sinon, la traiter en conséquence. Favoriser l’eau osmosée/distillée/déminéralisée.  Être capable de mesurer son PH à différentes étapes du brassage. Lire le livre « How To Brew » de John Palmer.

Bon brassage amateur à tous et à toutes!

Enthousiaste professeure de littérature, passionnée par la bière, ses ingrédients et sa fabrication artisanale, Paule Gosselin adore par-dessus tout partager son amour des excellents produits brassicoles par le biais de l’écriture. Elle est toujours à l’affût des tendances.

Leave a Reply