Voici une rousse aux piments forts de la microbrasserie Le Naufrageur de Carleton-sur-Mer, la 5e plus grande ville de la magnifique région de la Gaspésie : La Brigantin. Une rousse de 7 % d’alcool et 38 IBU. La Brigantin est disponible en bouteille (chose de plus en plus rare chez nos microbrasseries québécoises), de 500 ml. Elle est disponible à la vente au détail à 7,55 $ la bouteille.

Le Brigantin en Bref

Rousse généreuse, la Brigantin laisse beaucoup de place aux arômes et aux sucres des piments jalapenos, chilis et habaneros qui s’y retrouvent. Cette bière, à la fois ronde et bien équilibrée, procure une douce chaleur en gorge qui s’accentue à mesure que l’on déguste son verre. Elle accompagne à merveille les mijotés et les plats à base de tomates.

Revue de bière

Au nez, un malt clair arrive en tête. Très loin à l’olfactif, on décèle les arômes végétaux et fruités des piments forts : aucune note de piquant poivré au point de nous faire éternuer ; cela annonce un bel équilibre. À l’œil, une magnifique robe bronze dotée d’un magnifique collet de mousse épais et généreux.

À la première gorgée, il n’y a pas d’équivoque : les saveurs sont là et n’ont pas l’intention de jouer à la cachette avec nos papilles. Dès le début, la douce saveur de malt rôti enrobe le palais. Cette douce saveur de céréale bien caramélisée ne laisse aucun doute sur le type de la bière si on devait la déguster à l’aveugle. La torréfaction du malt a été faite de façon optimale : on goûte très bien le malt et ses douces saveurs caramélisées, sans jamais approcher les saveurs plus amères du café qu’une torréfaction supérieure aurait apportées.

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On goûte aussi la parfaite caramélisation ; les saveurs rondes, légèrement sucrées et presque beurrées sans trop aller dans le sucre pur et dur, lui permettant de laisser place à la saveur grillée de la céréale. Nos amis les piments ne sont pas loin derrière, mais bien que nombreux, ils se font discrets ; ils passent rapidement en accrochant sur l’arrière de la langue en fin de gorgée et laissant une petite pointe de capsaïcine (molécule qui donne cet effet de feu aux piments) sur les côtés de la langue ; rien pour faire dire à mon oncle Marcel que ça va faire fondre son partiel, mais plutôt simplement donner un simple effet de chaleur à chaque gorgée.

L’équilibre entre la douceur du malt caramélisé et la chaleur des piments forts rend cette bière très intéressante. L’amalgame est extrêmement bien fait et bien que ce soient des saveurs dont on pourrait se lasser après quelques gorgées ; les artisans brasseurs de la microbrasserie Le Naufrageur ont réussi non seulement à les marier, mais aussi à faire preuve de retenue en dosant avec une minutie de chirurgien les saveurs pour les garder juste assez délicates pour qu’on en veuille encore. La finale, somme toute sèche, vient bien clore l’aventure que représente une gorgée de La Brigantin.

Est-ce que mon choix s’arrêterait sur La Brigantin alors que je dois apporter 3-4 bières chez Johnny pour la partie de poker entre boys ? Non, je ne crois pas. Par contre, lors d’une dégustation où on ferait un crescendo de plusieurs bières différentes, est-ce que La Brigantin aurait sa place juste avant la stout ? Absolument ! Et si vous voulez mon avis : elle risque de voler la vedette !


Roger Hang Hong, « Le Crazy Chef », est cuisinier depuis plus de 25 ans. Il dirige Chef Maison, compagnie qui offre des plats cuisinés sur la Montérégie et la Rive-Sud de Montréal à prix modique. Il anime également le podcast Aliment Passion qui met en avant les produits et producteurs locaux du Québec.

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