La Micro du Lac fait partie des institutions du Saguenay – au même titre que les là et les Tremblay. Cette semaine, on s’intéresse à une autre légende de la région : le fameux Vire-Capot. Sur le marché depuis maintenant 18 ans, cette blonde s’affiche comme une des meilleures dans le style au Québec. Une blonde puissante et rafraichissante qui mérite sa place dans les ligues majeurs de la pintabilité.
Une bière blonde à deux couleurs politiques
La bière Vire-Capot de la Microbrasserie du Lac Saint-Jean rend hommage à Joseph-Ludger (Jos) Girard, une figure politique marquante de la région du Lac-Saint-Jean au début du 20e siècle. Avocat de formation, Girard a été député fédéral conservateur dans les années 1910 avant de faire le saut vers la scène provinciale en tant que député libéral. Ce changement de parti — peu commun à l’époque — lui a valu le surnom de « vire-capot », en référence à son manteau d’étoffe du pays qu’il aurait retourné symboliquement pour illustrer sa volte-face politique.
Cette anecdote est devenue un clin d’œil identitaire au Lac-Saint-Jean, et la microbrasserie a choisi de la souligner en nommant une de ses bières en son honneur. La Vire-Capot incarne ainsi une part du folklore politique régional tout en s’inscrivant dans la volonté de la brasserie de créer des produits ancrés dans leur territoire, autant par le goût que par l’histoire.

Blonde Ale (Golden Ale – Other) – 5.5 % alc./vol.
Micro du Lac
📍 Saint-Gédéon, Québec
Revue de bière
👀 Apparence
Dans le verre, la robe est légèrement voilée, coiffée d’une bonne mousse qui tient bien la route. Rien de flamboyant, mais une belle promesse de fraîcheur.
👃 Nez
Au nez, c’est subtil et agréable : pain frais, céréales grillées, avec une petite touche florale et une timide effluve fruitée – on pense à la pomme verte, ou peut-être à la poire.
👅 Goût
Douce et ronde. Sucrée et vive en bouche dès la première gorgée, la Vire-Capot attaque en force avec des notes de miel et de trèfle. Après quelques secondes, vous sentirez une amertume chaleureuse en arrière-plan et une finale sucrée et levurée, ni trop persistante ni trop brusque.
Vient ensuite une petite amertume herbacée qui rappelle le foin ou la pelouse fraîchement coupée – rien de trop houblonné, mais assez pour équilibrer l’ensemble. Quelques saveurs de croûte de pain et un soupçon fruité complètent le portrait.
👄 Texture
La texture est souple et légère, légèrement effervescente. Elle ne cherche pas à impressionner mais à se faire prolonger avec une seconde pinte. Le genre de bière qui ne vole pas la vedette, mais qu’on redemande sans même s’en rendre compte.
En conclusion
La Vire-Capot, c’est la bière saguenéenne de l’unité nationale : assez complexe pour plaire aux curieux, assez facile pour séduire les nouveaux venus. On ne la choisit pas pour son exubérance, mais pour son équilibre, et son goût réconfortant. Un choix avisé pour une terrasse estivale, un BBQ en bonne compagnie, ou un débat politique de fin de soirée.
Disponible aussi en format de 500 ml!
À propos de la Microbrasserie du Lac Saint-Jean
Fondée en 2007 à Saint-Gédéon par Marc Gagnon, sa conjointe Annie St-Hilaire et son frère Charles, la Microbrasserie du Lac Saint-Jean s’est rapidement imposée comme une référence dans le paysage brassicole québécois. Située à proximité du lac Saint-Jean et de la Véloroute des Bleuets, elle offre un cadre idyllique pour les amateurs de bières artisanales et de produits du terroir.
La brasserie se distingue par son attachement au terroir local, utilisant des ingrédients régionaux et mettant en avant des saveurs boréales uniques. Parmi ses créations notables, on retrouve la « Gros Mollet », une bière brune aux accents de malt caramel, la « Tante Tricotante », une triple belge vieillie en fûts de chardonnay, et la « Blanche de Grandmont », une blanche infusée au thé du Labrador.
Le bistrot de la microbrasserie, situé au 120, rue de la Plage à Saint-Gédéon, propose une expérience conviviale avec une terrasse accueillante et un menu mettant en valeur les produits locaux.

Pierre-Olivier Bussières : chroniqueur pigiste et analyste de risque, Pierre s’intéresse aux marchés de l’alcool et aux technologies disruptives. Il a notamment écrit pour Global Risk Insights, the Diplomate, La Montagne des Dieux, Diplomatie, Reflets et Impact Campus.

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