J’ai commencé à brasser il y a 13 ans, alors que je vivais en Europe pour le travail. Attiré par les bières belges et celles des microbrasseries, je me suis inscrit au programme de brassage et de microbrasserie à l’Institut Français des Boissons de la Brasserie et de la Malterie (IFBM) de Nancy. Depuis, j’ai brassé avec plusieurs équipements, mais deux kits m’ont particulièrement marqué : L’Unibrau 20G et le HERMS (Heat Exchange Recirculating Mash System) de Brau Supply.

Mes débuts avec Braumeister 50L

J’avais alors commencé à brasser avec un Braumeister 50L de Speidel. J’avais remarqué que mes collègues français utilisant ce kit brassaient beaucoup plus fréquemment que ceux équipés d’installations plus traditionnelles. Tout électrique et tout-en-un, le Braumeister permettait un contrôle précis des températures et des paliers d’empâtage. Plus tard, ce système est d’ailleurs devenu le système pilote de la microbrasserie Les Brasseurs de Montebello.

En 2013, de retour au Québec, j’ai acquis la microbrasserie Saint-Arnould de Mont-Tremblant. À l’époque, la bière était brassée directement dans la brasserie du resto-pub avec un système de 1 000 litres datant des années 1990 : deux cuves simples mais fonctionnelles, alimentant sept fermenteurs de 1 000 à 2 000 litres et trois cuves de conditionnement. J’ai eu la chance d’y côtoyer des brasseurs talentueux comme Pierre Téorêt, Pierre Lauze, Alexandre Sirois, Félix Desrochers et Marylou Boucherie.

En 2023, après dix ans, j’ai vendu l’entreprise pour prendre ma retraite et laisser la place à une nouvelle génération de passionnés. Mais le brassage m’a vite manqué. En visitant la boutique La Choppe à Malt (BeerGrain) de Gatineau (aujourd’hui déménagée à Ottawa), j’ai rencontré Athena, qui m’a conseillé pour me rééquiper et recommencer à brasser maison.

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Retour au brassage avec Unibrau 20G

Mon premier nouveau système fut un Grainfather G30, accompagné du logiciel Brewfather. Le seul bémol du Grainfather est la cuve d’empâtage. Le diamètre de la pipe à malt est plutôt petit. Résultat, ça limite grandement la quantité de malt et rend très difficile de brasser des bières fortes.

Je suis donc passé à un Unibrau 20G de Brau Supply, une compagnie canadienne. Avec sa grande pipe à malt et sa conception modulaire de qualité professionnelle, ce système me permettait de brasser jusqu’à 55 litres, incluant des bières fortes.

système Unibräu 20G de Uni Brau
Modèle Unibrau 20G de Brau Supply

Ensuite, j’ai collaboré de nouveau avec l’entreprise qui avait conçu ma brasserie industrielle en 2016 (HG Machinerie) pour développer deux fermenteurs/conditionneurs de 75 litres. Reçus en avril 2025, ces bijoux permettent la fermentation sous pression, le refroidissement jusqu’à sous zéro. Un grand avantage pour l’embouteillage et la carbonatation.

Une très grande amélioration, mais j’avais un problème: ça rendait mon système de brassage trop petit pour maximiser l’utilisation des fermenteurs.

Kit de brassage maison ultime : HERMS de Brau Supply

J’ai donc décidé de passer à la prochaine étape, soit un système HERMS à trois cuves. Deux choix s’offraient à moi pour grossir mon volume tout en améliorant la qualité : le Spike Brewing Tank Trio ou le nouveau système HERMS de Brau Supply avec leurs cuves DrainPro.

Malgré la qualité du matériel Spike Brewing, son prix était prohibitif. J’ai donc choisi Brau Supply, une solution plus abordable et tout aussi performante.

Plutôt que d’acheter une formule clé en main, j’ai réutilisé mon matériel existant : pompe RipTide, refroidisseur JaDeD, divers raccords tri-clamp. Aujourd’hui, mon installation est presque complète. Elle comprendra :

  • trois cuves DrainPro de 30 gallons,
  • deux pompes RipTide,
  • deux éléments de 5 500 W,
  • un contrôleur HERMS de nouvelle génération,
  • une table de brassage Spike Brewing.

Comment marche un système HERMS

Dans le système HERMS, le moût se réchauffe dans de l’eau chaude au lieu d’avoir un élément électrique très chaud qui risque de brûler le moût. Donc ici le moût ne touche pas à l’élément durant le chauffage. C’est donc une méthode plus douce mais très efficace.

Pour l’instant, j’utilise encore le contrôleur 240v pour un seul élément et un inkbird. Mais j’aurai bientôt un contrôleur HERMS encore en développement. Celui-là aura aura 240 volt pour 30 ampères et contrôlera efficacement les 3 cuves.

Sur l’image des deux fermenteurs, on les voit installés sur un petit chariot, avec un Dry Hopper fixé sur celui de droite. On remarque aussi le refroidisseur Kegland qui refroidit les deux fermenteurs.

chiller Kegland solution HERMS
À l’arrière du refroidisseur, on peut lire les températures du moût de bière dans les deux fermenteurs, ainsi que celles des conduits où circule le glycol servant à les refroidir.

Le refroidisseur Kegland est particulièrement intéressant : il regroupe dans une seule unité un compresseur, une cuve de glycol d’une vingtaine de litres, des contrôleurs de température avec sondes et des pompes intégrées. Cela évite toute la complexité des contrôleurs séparés et des vannes sur les fermenteurs : toute la logique et la plomberie sont centralisées dans le refroidisseur, relié aux fermenteurs par des tuyaux en PEX.

Pour le refroidissement, j’ai commencé très simplement : une glacière, un petit fermenteur équipé d’un serpentin et un Inkbird. Aujourd’hui, j’ai un équipement complet qui me permet non seulement de contrôler la fermentation principale, mais aussi de réaliser un vrai cold crash, de gazer la bière à -1 °C ou encore de faire du lagering.

Sur la photo, on distingue les cuves DrainPro de Brau Supply, reconnaissables à leurs pattes, ainsi que les pompes RipTide et les connecteurs quick connect.

Revue du système HERMS : performance et avantages

Mes deux premières brassées m’ont servi de rodage, mais j’entrevois déjà des performances impressionnantes : empâtage très efficace, recirculation fluide, récupération accrue du moût et gestion thermique sans risque de brûlure. Bref, un matériel à la hauteur de mes nouveaux fermenteurs.

Ce genre d’installation peut sembler hors de portée, mais il est tout à fait possible de réduire les coûts : matériel usagé, bonnes opportunités, réutilisation d’équipement existant. Avec les économies réalisées en brassant maison, je crois que le système s’amortira en deux ans.


Sylvain Robitaille a fait sa formation en brassage à l’IFBM en France. Il a dirigé la microbrasserie Saint-Arnould de Mont-Tremblant pendant 10 ans et partenaire des Brasseurs de Montebello pendant 4 ans. Après sa retraite, il est revenu au brassage maison par pure passion.

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