Le Temps d’une Bière

Isle de Garde : Le joyau de la Petite Patrie

Le hasard fait fait bien les choses. Je sortais tout juste de mon entrevue avec l’Amère à boire que la microbrasserie Isle de Garde m’a contacté pour me dire qu’ils avaient le temps d’une bière! Courte marche 45 minutes, et je me retrouvais nez à nez avec la Petite Bière et son photographe. Tout ça pendant que Michael, un des cinq propriétaires de Isle de Garde, revient de pelleter dans la cour. Affamé, je commande des pappardelles aux champignons et me lie aussitôt d’amitié avec le barman.

Mais, parlons un peu de la brasserie. Fondée en 2014, elle naît en pleine ébullition artisanale. L’équipe est composée de quatre restaurateurs et d’un brasseur. Le service classique de la bonne bière classique va de pair avec un ton hospitalier et chaleureux. “On voulait faire de la bière pour le restaurant” me dit Michael.

Michael ne cache pas que l’objectif n’est pas de brasser d’assaut la planète brassicole. “On veut pas flasher, on veut servir la bière la bière la plus près de ce qu’on sert en Belgique, en Angleterre. L’approche est centrée sur le quartier, les gens d’ici.”

La bière simple, ce n’est pas simple

Michael me montre leurs lignes de fût. Deux lignes à casque : service traditionnel anglais. Un cellier 12 degrés Celsius. L’objectif était de travailler avec les caviste et comprendre comment traiter le casque et le servir adéquatement.

“On est pas contre la bière simple. Simple, ça veut pas dire facile à brasser. Quand il n’y a pas de feu d’artifice, beaucoup de houblon ou de grain torréfié, les défauts sont plus faciles à percevoir. Je m’amuse à organiser les lignes à bière. On s’assure de faire une rotation. L’objectif, c’est d’en avoir entre 18 et 22. Gérer le calendrier de production, c’est pas évident. Notre bière, on la vend ici. Les vitesses de fermentation sont un peu différentes. Moi je m’amuse avec ça, et je m’assure que le service est adéquat.”

Une histoire de quartier

“Les brasseries québécoises sont des lieux de rencontres familiales. Dans le quartier, il y a beaucoup de parents et de jeunes enfants. Quand les familles invitent leur parents, ils les amènent ici à la microbrasserie. En Angleterre, tu vas pas à la brasserie. Les brasseries sont industrielles et vendent au pub. Tu vas au pub. En Franconie, tu vas boire à la brasserie, c’est la même chose en Tchéquie.”

“Au Québec, on est toujours dix ans en retard sur les États-Unis. La bière artisanale, ça fait longtemps que c’est là aux États-Unis. Nous autres, c’est tout récent. 2014, on était dans l’âge d’or.”

Avec les autres microbrasseries, il y a de la camaraderie. La microbrasserie Mellön est tout juste à côté. Une amitié s’est développée, les gars sont super fins. On a beaucoup de camaraderie avec des gens qui sont au même niveau que nous du côté de la vision; Brasserie Arcana, l’Amere à Boire, Dieu du ciel, Espace public : beaucoup de belles brasseries. Ce qui est bien, c’est que chacun fait ses affaires. On a fait une collaboration avec Le Réservoir, sur Duluth. Ils font très bien le mix restauration et la brasserie. Des discussions basées sur le potentiel et les défis, c’est notre quotidien.”

“Nous autres, le 3 décembre, on a eu le party de bureau des brasseurs. 120 personnes qui travaillent dans les brasseries, des gens très impliqués, une quarantaine de brasseries. La camaraderie était au rendez-vous. L’objectif, c’était de se rencontrer, puis de montrer à notre clientèle qu’il y a un esprit de collaboration.”

“Le rapport à la bière artisanale évolue beaucoup. Il y aura toujours des gens qui sont à la rechercheront des saveurs du monde. Et à l’inverse, il y aura toujours des gens des gens ayant vu des bières un peu extrêmes et qui voudront retourner à des classiques. Mais en même temps, on a eu peu d’année ou on a brassé des bières vraiment classiques.”

“La fierté que j’ai, c’est la qualité des produits. On travaille fort à avoir des produits top top top. J’ai l’impression que notre clientèle apprécie, autant niveau service, niveau bouffe et ambiance.”

Joyau de la petite Patrie, l’Isle de Garde défend fièrement la tradition tout en se recomposant dans les tendances artisanales.

Objectif 2023 : doubler la production et continuer de rayonner avec le quartier.

Pierre-Olivier Bussières

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